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Exposition : Chongqing underground : punk, rock et classe ouvrière en Chine

« Quand on a vingt ans en Chine, on vit dans un monde qui n’existait pas quand on est né.» La Chine est en plein mouvement. Elle bouge, elle explose et, dans le fracas de son développement, émerge une jeunesse qui porte sur ses épaules la responsabilité d’un glorieux avenir national. Une jeunesse qui reçoit en pleine gueule la violente rupture de son pays avec un passé de sous-développé. Une jeunesse profondément chinoise, mais à un moment où plus personne ne sait ce que veut dire être chinois.

Rien mieux que le rock ne peut raconter une jeunesse en mouvement, ses frustrations et ses errements, ses envies de rébellions et son énergie. Des fils de « min gongs », les ouvriers paysans, qui se perdent sur la route des tournées comme leurs parents sur celle des chantiers aux enfants d’ouvriers des industries d’Etat brutalement sacrifiées, ils sont nombreux à se retrouver tous les soirs au Nuts et dans les autres clubs underground pour acclamer les groupes punks et pour à leur tour en former. Pour se rassembler à l’abri du regard d’un monde adulte qu’ils ne vont pas tarder à intégrer.

Julien Hazemann

Après avoir travaillé dans le cinéma, Julien Hazemann travaille comme photographe et explore les problématiques liées à l’urbanisation. Il est membre du Studio Hans Lucas depuis 2015. Julien Hazemann est né en 1978. Il est basé à Paris. Il vient du cinéma. Il a commencé dans les années 2000 à travailler sur des films comme assistant réalisateur, puis comme repéreur de décors. Des sous-sols aux toits des immeubles, il explore la région parisienne, un appareil photo à la main. Il s’intéresse donc aux lieux. Il les regarde à travers les histoires qu’ils portent. Un visage, pour lui, raconte quelque chose, un mur aussi. Il cultive ainsi le goût d’explorer et de raconter des histoires jusqu’à prendre son appareil photo et un billet d’avion et partir se balader un peu plus loin. Il cherche des lieux, des univers. Il passe par Le Caire en pleine révolution, par New-York où il regarde la modernité du XXe siècle, et parShanghai où il découvre celle du XXIe siècle. Et de Shanghai, il s’enfonce dans la Chine et ses transformations. Il y retourne plusieurs fois et publie ses premières photos dans Geo. A photographier les lieux, il s’est mis en fait à travailler sur les gens qui les habitent. Il s’intéresse très vite à la manière dont les transformations urbaines changent les gens, produisent les modes de vie. Pour lui, les hommes font les villes, bien sûr, mais en même temps que les villes font les hommes. Des lieux aux gens, il se passionne finalement pour les comportements et pour les perspectives sociales, politiques et historiques qui les traversent. Julien Hazemann est membre du studio Hans Lucas depuis 2015.

Mang Juan and the Demolition moon during a concert. Mang Juan (centre) comes from a village in northern China. He was a hairdresser in Beijing for ten years. / Mang Juan et les Demolition moon pendant un concert. Mang Juan (au centre) vient d’un village du nord de la Chine. Il a été coiffeur à Pékin pendant dix ans.