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Gisella Albertini, Massimo Scocca, Nicolas Drolc / Italie, France / 1995-2020 / 1h20 / vostf / Documentaire

Si l’on doit se souvenir des Country Teasers, et on le doit, on en gardera tout d’abord l’image d’un chapeau et d’une paire de grosses lunettes posés sur un freluquet en costume. Si l’on veut être plus sérieux, on en gardera à l’oreille une collection de chansons magnifiques, de pure country music travestie en garage rock iconoclaste, heurté et dissonant. Et la scandaleuse qualité d’écriture des textes, où la cruauté se dispute à la délicatesse, une littérature choquante parfaitement ciselée. On se souviendra surtout de Ben Wallers, l’auteur de ces chansons.

This film should not exist agit tel un braquage de banque. On croit regarder un film cochant toutes les cases du documentaire rock -images d’archives de la tournée 1995, orgiaque, aux côtés de The Oblivians et sous la bénédiction du label Crypt, récits de vie, retours amers sur itinéraires, etc…- puis, à mi-chemin et avec un rictus délicatement appuyé, l’objet nous emmène ailleurs pour nous perdre en forêt. En cela il épouse certainement le parcours artistique de Ben Wallers, personnage central du documentaire.

C’est le portrait de cet homme, artiste important, chef d’orchestre souterrain et franc tireur génial, qui est sous nos yeux.

Nicolas Drolc est né en 1987 à Nancy où il vit et travaille toujours. Avec sa société de production Les Films Furax, il écrit, produit, tourne, monte, réalise et distribue des documentaires pour le cinéma, en totale indépendance et loin des formatages télévisuels. À travers ses films, Drolc s’est intéressé aux révoltes qui ont embrasées les prisons françaises au début des années 70 (Sur les toits – 2014), a réalisé le portrait de Serge Livrozet, perceur de coffres-forts anarchiste septuagénaire (La mort se mérite – 2017) et a documenté la fine fleur de la scène underground folk / blues américaine contemporaine (Bungalow Sessions – 2019).

Gisella Albertini est tombée dans le chaudron du rock’n’roll alors qu’elle était toute petite. Dès les années 80, elle écrit pour des fanzines punk, tient un catalogue de vente par correspondance de VHS de cinéma Bis, joue de la batterie dans des groupes de garage italiens, tel le duo lo-fi Two Bo’s Maniacs.

Massimo Scocca est photographe, musicien et vidéaste. Il a également écrit et photographié pour divers fanzines rock et pop culture, et joué dans plusieurs groupes de blues punk, notoirement Two Bo’s Maniac et LAME.

Tous deux originaires de Turin, ils ont sillonné ensemble l’Europe et les USA pendant les années 90, caméra vidéo 8 au poing, traquant dans les bars et les clubs la crème de la balbutiante scène garage punk portée par le label germano/américain culte Crypt Records.

 

Film suivi d’une rencontre avec les réalisateurs